Il y a un truc que j’ai du mal à comprendre, parfois : pourquoi on se plaît à exhiber nos “blessures de guerre”, comme des sortes de trophées. J’entends par là les signes physiques (le plus souvent) de notre “souffrance”. Ou alors que c’est que moi, mais bon, j’avoue.

cernes

Cicatrices, cernes temporaires liés à un rush particulièrement intense (je n’ai pas vraiment plus d’exemples), c’est pas esthétique, mais parfois on y tient. Comme preuve des épreuves traversées, en quelque sorte. Ou comme signe distinctif.

Ma cicatrice

Par exemple, moi, j’ai une cicatrice à laquelle je tiens. J’y tiens même beaucoup. J’ai l’impression que c’est réellement un signe distinctif de ma personne, cette petite cicatrice. D’autant plus qu’elle est plus ou moins secrète : très peu de gens en ont entendu parler, et encore moins l’ont jamais vue en vrai (ça se compte sur les doigts d’une main). C’est mon petit secret, en quelque sorte.

Quand j’y pense, je la trouve même “mignonne”. C’est un petit peu ma petite faiblesse, un petit je-ne-sais-quoi qui fait la différence. Alors, m’en séparer ? Jamais. Elle ne me gêne pas, elle ne se voit pas, mais là n’est même pas la question. En fait, elle est un peu comme un tatouage naturel. Je ne l’ai pas choisie, mais je sais que je vais passer ma vie avec cette marque sur mon corps. Et j’en suis fière.

Et mes cernes, alors ?

Là où je devrais faire moins la fière, par contre, c’est pour mes cernes. Qui se creusent à vue d’oeil (c’est le cas de le dire). Ils ne sont que temporaires (dans 3 semaines, ils auront sans doute disparu). Mais, en attendant, je les garde. Pourquoi ? Je crois que c’est une sorte de preuve. Qui dit, en gros : vous avez vu, comme je travaille, moi ? Stupide, j’avoue. Stupide, et moche, de surcroît.

Parce que ça peut aussi vouloir dire que je sors trop. Que je ne dors pas assez pour d’autres raisons. Que je suis trop fatiguée pour d’autres raisons. Que je travaille trop lentement. En plus, qui dit cernes, dans mon cas, dit beaucoup de travail, principalement sur ordinateur. Dit donc fatigue des yeux. Et ça, c’est pas bon. Sans compter que, on ne se répètera jamais assez : c’est moche.

En même temps, j’ai pas tellement le choix. Moins travailler, c’est pas forcément envisageable pour les semaines à venir. Moins sortir non plus, d’ailleurs. Me reste plus que l’anti-cernes. Que je n’ai pas. Donc autant assumer, n’est-ce pas ?

Ou alors, aujourd’hui, je passe en ville me prendre ce fameux Touche Eclat, de Saint-Laurent. Ouais, hein ?