Malgré ce que le titre peut laisser croire, je ne vais pas parler des désagréments des voyages en solo, de l’insécurité, tout ça. Parce que, en fait, l’insécurité quand on voyage seule, c’est pas exactement mon sujet préféré, et j’ai pas une grande expérience en la matière. Donc à part recommander le wagon spécial femmes seules dans les trains de nuit, je vais avoir du mal.

En revanche, j’ai souvent voyagé seule. Pour ne pas dire presque toujours. A tel point que… les dernières fois que j’ai voyagé “accompagnée”, ça m’a fait plutôt drôle. Voire carrément bizarre. Parce que j’avais mes petites habitudes, mes petits trucs à moi, mes manies, et, tout d’un coup, obligée de partager mes moments de voyage avec quelqu’un.
Mon rituel de voyage
Le grand souci du voyage en solo, c’est qu’on s’y habitue vite. Tellement agréable… Déjà, entre les gens “à l’heure”, les adeptes du “toujours en avance” et ceux du “quart d’heure français”, l’entente n’est pas évidente. Moi, j’aime être en avance. J’aime profiter des lieux avant de monter à bord. Ca fait partie de mon rituel de voyage.
Quand j’arrive sur place, je commence par un tour de repérage. Quels sont les impératifs, comment je m’organise, où je passe mon temps libre. Pour faire simple, on va prendre… le train. Je repère mon quai, je vérifie l’emplacement de mon billet, l’heure de départ (pas de retard, lui non plus ? ok), je choisis ma terrasse, mon magazine, ma boisson, et je détermine à quelle heure je dois lever le camp (fonction de mes bagages). Tout est parfait !!!
A bord, idem. Sauf que c’est plus libre. Je détermine juste l’heure du lever de camp. Entre-temps, liberté totale. Mais toujours mon planning, mes envies à moi. Longue contemplation du paysage, visionnage de film, un peu de musique, petite sieste… Je profite de cette espèce de parenthèse qui s’ouvre quand on voyage. Seule.
Mais laissez-moi seule !
Sauf que, parfois, je ne suis pas seule. Et, n’ayant pas l’habitude, du coup, ça va pas. Vraiment pas. Trop en avance, trop en retard, pas le bon café, pas assez de temps pour ci et ça, trop de temps pour cela et ceci. Mauvais repérage (= “pas dans l’ordre” ; oui, il y a un ordre, dans ma tête, si vous y comprenez rien c’est pas ma faute).
Pareil à bord : j’ai pas tout mon matériel, me regarde pas quand je regarde par la fenêtre, j’arrive pas à me relaxer, j’arrive pas à profiter… C’est tout différent, c’est déstabilisant. Et énervant.
Mais pas seule c’est bien aussi….
Sauf que ça peut être bien. Déjà, ça fait quelqu’un pour aider à porter les bagages. Pour garder un oeil sur la montre quand je m’endors (j’ai toujours peur que mon réveil ne sonne pas, c’est horrible, ça m’empêche de dormir). Pour contempler le paysage avec moi, et s’émerveiller avec moi sur comme c’est beau, ces moulins, ces canaux, ces vaches et ces petites maisons rouges.
On voit plein de choses qu’on ne voyait pas avant. On profite plus, différemment. A condition de ne pas trop empiéter sur le côté “laisse-moi seul, je contemple, seul” de l’autre.
Nan, y a pas à dire, j’aime bien voyager “pas seule”. Et j’aime bien aussi voyager en solo. Je peux en profiter toute seule, mais je peux aussi partager cette expérience. Parce que, quoi qu’il en soit, un voyage, ça reste quelque chose de spécial pour moi. Une pause, une évasion. Qui n’a rien à voir avec la destination, évidemment.
Mais bon, comme on dit, parfois, le chemin parcouru compte plus que la destination…
Image : le blog de la marmotte mauve