Ça y est, j’ai quitté mon appartement parisien, rendu les clefs, bouclé mes valises, et je suis partie pour l’Allemagne, clôturant par la même occasion mon séjour dans la capitale française, qui a duré 8 mois. Il va sans dire que le trajet de dimanche soir a été… épique, mais ça va encore mieux en le disant :

Bilan matériel : un appart à nettoyer, 3 gros sacs, 2 petits sacs en bandoulière (dont un avec ordinateur portable), un sac à main ; 2 personnes ; beaucoup de kilomètres, 3 “correspondances”. L’équation n’est pas simple, mais pas si compliquée que cela non plus.
Le départ
Paris, dimanche matin. Des affaires avaient déjà fait le trajet les week-ends précédents, de quoi nous faciliter la tâche. Mais il restait ces 3 gros sacs. On a emmené les deux premiers d’entre eux en consigne, Gare de l’Est. Quant au reste, il fut rangé, l’appartement fut nettoyé, le frigo dégivré, et tout est bien allé.
Paris, dimanche midi. Les déménageurs, profitent du temps qu’ils ont devant eux pour faire une dernière excursion en Vélib, déjeuner en toute tranquillité en se réjouissant du soleil qui brille ce jour-là sur la ville (c’est si rare…).
Paris, dimanche 16h30. Quand le propriétaire est arrivé, l’un d’eux avait déjà un coup de soleil, ne s’étant pas méfié lors de ce déjeuner en terrasse, mais l’appartement était nickel, le chèque de caution fut rendu en moins de 4 minutes (chrono en main), et nos déménageurs peuvent rejoindre la gare de l’Est, où les attendent quelques boutiques encore ouvertes (pour les soldes), et leurs sacs, en consigne.
Un trajet mouvementé
Paris, Gare de l’Est, 18h30. Le train n’est pas encore affiché qu’ils montent déjà dedans, avec leurs 3 sacs, 2 sacs bandoulière, et leur sac à main (c’est un train allemand, un ICE, donc il est facile à repérer, d’autant qu’il est le seul de son espèce à quai). A 19h05, le train démarre, les emmenant vers Francfort HBf (2ème correspondance, pour ceux qui ont suivi).
Francfort HBf, 23h, dimanche 29 juin. L’Allemagne vient de perdre en finale de l’Euro 2008. Contre l’Espagne. Ca se sent… Des hordes de supporters ont envahi la gare, tous plus ou moins saoûls, et tous arborant qui un drapeau, qui un chapeau, qui un maillot de l’équipe allemande.
Le quai vers Wiesbaden, 23h15. Pas la peine d’essayer de monter dans le premier, on n’y arrivera pas. Pour le deuxième (le suivant étant une heure plus tard), on fait du forcing. Mais, hélas, on a oublié que le 2ème s’arrête… au stade. Où le match était sûrement retransmis en direct.
Arrêt “Stade”, 23h25. Vision d’horreur. Ils sont des milliers, sur le quai, à attendre pour monter dans le train. Mais où ai-je pu bien mettre ma kalachnikov ?
Arrêt juste après “Stade”, 23h30. Des dizaines de supporters sortent du train. Ils se sont trompés de sens, ils voulaient aller à Francfort, ils s’en sont éloignés. Bien fait. Les quelques uns qui restent (quand même nombreux) comptent un individu bien déterminé à entonner des airs de musique avec son sifflet. Je fouille mon sac à la recherche de la kalachnikov.
L’arrivée, enfin
Wiesbaden, minuit. Ouf, enfin sortis de ce train. Dernière correspondance. Plus que 3 kilomètres, mais hors de question de les faire à pied. On prend un taxi à la gare. En quelques minutes, on est en bas de l’immeuble, la course n’a coûté que 7€. C’est là qu’on se rend compte que Paris est loin.
Wiesbaden, lundi matin. Après une bonne nuit de sommeil, nouvelle vision d’horreur. Il y a 3 énormes sacs à défaire, avec des affaires à ranger, à faire rentrer dans les armoires. Qui, elles, sont déjà plus ou moins pleines. Le dilemme : comment faire rentrer les vêtements d’une fille dans une armoire déjà occupée.
Wiesbaden, mardi midi. Bon, il est temps d’écrire une petite bafouille, histoire de clore ce chapitre pour de bon. Paris, c’est fini. Le déménagement, aussi. Tout est rangé, le linge est soigneusement lavé repassé plié dans l’armoire, l’appart est propre. Deux mois de vacances s’offrent à moi. Deux mois ? Oui, deux mois, et sans honte aucune. C’est bien, d’être étudiant…