Se couper quelques jours du monde, quelle qu’en soit la raison, que ce soit volontaire ou non, reste une expérience fort intéressante. Autant “pendant” que “après”.

Pourquoi je parle de ça ? Parce que je viens tout juste de me reconnecter avec la réalité, après deux jours sans contact avec le monde extérieur, ou presque (je suis allée au ciné, j’ai fait des courses : ça compte ?). Deux jours sans téléphone portable, sans vérifier ses mails, sans même aller sur Internet, sans un journal, sans une télé. Je suis sortie, mais il n’empêche que les liens avec ma vie “habituelle”, avec mon train-train, ma petite routine, ont été inexistants pendant 48 heures.
Pendant. C’est bien. C’est encore mieux quand on n’y pense pas. On se sent bien dans cet état de “bulle”, on n’a besoin de rien d’autre que ce qu’on a déjà sous la main. Zéro besoin. Zéro problème. Juste parce qu’on se fout complètement de ce qui peut se passer hors de cet appartement.
Après. Après, on rentre, et c’est le choc. 30 mails, 3 messages vocaux, YSL décédé… mais sinon, rien de grave, le monde est toujours tel qu’il était avant que je parte. Je n’ai manqué à personne, et aucune catastrophe n’est survenue (je vais quand même vérifié ce soir si mon appart n’a subi aucun dégât).
Mais remarquez : si un dégât avait dû se produire, que je sois là ou pas, il se serait produit. La différence étant combien de temps il se passe avant que je ne m’en rende compte. Ce qui veut dire que, selon la physique quantique, actuellement, mon appartement est A LA FOIS complètement saccagé ET en parfait état. Comme le chat qu’on tue à moitié ou ressuscite à moitié rien qu’en regardant pour voir s’il est mort ou vivant.
Comment qu’on fait ? Pas besoin d’aller bien loin, ni de mettre en oeuvre de gros moyens. Par contre, je pense que la durée compte. Un après-midi, ce n’est pas suffisant, on ressent quelques effets, mais il faut se déconnecter plus longtemps pour vraiment en profiter. Deux jours, c’est bien, on arrive à se convaincre que 2 jours ce n’est pas grave. Alors que pour une semaine il faut y mettre plus de moyens.
Seul ou pas ? C’est comme on veut, mais je pense qu’un black-out accompagné est déjà génial. Puis, seul, on risque de s’ennuyer un peu, au bout d’un moment… Ca peut être bien si on planifie vraiment ce séjour (isolation et méditations pendant une semaine dans un monastère retranché), c’est autre chose qu’à deux, on ne le fait pas pour les mêmes raisons, et on ne le fait surtout pas “par hasard”, à la dernière minute.
Et après ? Je pense que je remettrai ça, mais je n’ai pas encore vraiment prévu quand. Par contre, si je le fais pour plus longtemps, je mettrai peut-être à disposition un système pour être joignable en cas de vraie grosse urgence (comme donner à certaines personnes, sous certaines conditions, un moyen de joindre le monastère en question).
Parce que j’ai peur que, dans le monde d’aujourd’hui, lors d’un black-out volontaire et prémédité, on ne soit tellement accro aux choses du quotidien, à l’info,…, tellement attaché à tout ça, qu’on n’arrive pas à se détendre complètement, à se passer de ce téléphone, de cet ordinateur, de ces contacts avec l’extérieur. Je ne sais pas si c’est bien ou pas, et ne veux pas le savoir : c’est ainsi, et je vis avec ce fait, sans avoir à m’en plaindre.