L’automatisation des procédures dans les aéroports | mai 15th 2008

Vous vous souvenez, avant quand on prenait l’avion, comment ça se passait ? On avait un feuillet d’embarquement, sorte de billet, qu’il ne fallait surtout pas perdre. On se présentait pour l’enregistrement, avec les bagages, etc. Il fallait se déplacer dans une agence pour réserver son vol.
Tout ça, aujourd’hui, c’est fini. Les rapports humains dans les voyages par avion sont réduits au strict minimum.
Ceux qui ont disparu :
Aujourd’hui, mon ticket, je l’achète sur internet. Trois clics, et c’est fini. Ca me permet de choisir moi-même mon tarif, d’ajuster mes options de vol en fonction, etc. Tout le savoir-faire qui permet d’obtenir le billet optimal (tarif, jour, heure) repose entièrement sur moi, et non plus sur une hôtesse, en qui on n’a pas toujours confiance (mais j’ai un tarif jeune ; et si c’était moins cher si je voyage plus tôt ou plus tard, elle va me le dire ? attendez, répétez-moi ça, j’ai une mémoire visuelle …).
Pour l’enregistrement, c’est pareil. Soit je le fais seul(e), chez moi, devant mon ordinateur, en choisissant mon siège etc. Soit je le fais à l’aéroport, sur une borne. Bon, la majorité des compagnies le font encore faire au guichet, certes. Mais les bornes tendent à se multiplier (même chez les low-cost). Donc, que ce soit par internet ou sur les bornes, mon billet, je l’imprime moi-même.
On a beau se dire que ce n’est pas beaucoup, on y gagne du temps, et du confort : on sait qu’on a choisi le meilleur horaire/tarif (parce que c’est nous-mêmes qui l’avons choisi, donc pas de doute possible), et on a choisi soi-même sa place à bord. On y gagne. Mais on y perd en contact, enfin, pas tout à fait
Ceux qui restent :
Parce que les contacts “désagréables”, eux, on les a toujours. Notamment la sécurité. Il y a le portail, mais, si ça bipe, on a toujours affaire à une personne physique. Au physique souvent intimidant, d’ailleurs. Et c’est toujours aussi une personne physique qui scanne notre bagage avec son truc-laser-vision-spéciale-je-vois-tout-ce-que-vous-emportez…
Mais il reste le personnel de bord, tout sourire, avec leurs jolis gestes pour la sécurité (”les sorties de secours sont situées à l’avant, au milieu et au bout de l’appareil”). Remarquez… même ça, ça disparaît : sur certaines compagnies, ces messages sont diffusés tout seuls sur des écrans…
Enfin, c’est beau, mais les voyages en avion restent quelque chose de très contrôlé (contrôles d’identité, contrôles techniques, sécurité…), et qui doivent encore être contrôlés par des humains. Pour l’instant. Parce que s’il reste des humains qui s’en chargent, c’est en majorité pour les gens qui ne savent pas y faire avec l’informatique. Gageons que ceux-là disparaîtront d’ici une vingtaine d’années (à 90%, disons).
Et que les autres, les derniers irréductibles, dans une cinquantaine d’années, parce que d’ici là on a toujours un peu peur et un peu besoin d’être rassuré quand on prend l’avion, ce qu’aucune machine ne peut faire. Mais dans 50 ans, quand on sera convaincu que prendre l’avion n’est pas plus dangereux que prendre sa voiture (ce qui est vrai)…
Tags: automatisation, avion, compagnie aérienne, informatique, rapports humains
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