Le Salon du Livre | mar 19th 2008
Un livre, c’est un peu un voyage intérieur. C’est aussi un moyen de découvrir des contrées lointaines. Mais depuis son canapé, ou son lit. On reste bien au chaud, chez soi, on continue à vaquer à ses occupations normales et, de temps en temps, quand on veut, on se replonge dans les pages de son livre, et on part dans un autre monde.

Ce peut être un autre endroit de la planète que nous connaissons, aujourd’hui et maintenant, ou bien dans le passé, ou l’avenir. Ou alors c’est un autre monde, un qu’on ne connaît pas, mais qui existe dans l’imaginaire de l’auteur. Cet autre monde peut se baser sur celui dans lequel nous vivons, en être un prolongement, ou un parallèle, il peut en reprendre des éléments, mais il peut aussi avoir été totalement inventé.
Alors, le Salon du Livre, c’est un peu un “portail” vers tous ces mondes, toutes ces histoires sorties de la tête des écrivains et autres auteurs. C’est un endroit où on peut aisément découvrir tous ces univers, y jeter un coup d’oeil, voir si on veut en voir plus ou non. Malheureusement, il n’est pas évident de discuter avec les auteurs, par manque de temps, par excès de visiteurs. Puis ça fait mal aux pieds, de rester tout le temps debout.
On attend les dédicaces, ces moments où on aura peut-être la chance de dire deux mots à l’auteur, quelques instants. Avec de la chance, il répondra même, on échangera quelques phrases. On en apprendra un peu plus sur le concepteur de ces univers que l’on se plaît tant à parcourir. Au milieu de gens qui ne sont là que pour avoir une dédicace (d’accord, les dédicaces, c’est chouette, surtout avec les dessinateurs, mais pas seulement).
Mon Salon du Livre
A ce Salon, ma visite a été ponctuée par quelques rencontres heureuses, à savoir :
Jean Dufaux et une de ses dernières BDs, Le Bois des Vierges, dessinée par Béatrice Tillier (malheureusement malade lors du Salon). Il y raconte une noce entre humains et bêtes de taille haute, qui aurait dû sceller la paix entre ces deux peuples, mais a pour ainsi dire mal tourné et débouche sur une guerre sanglante, un conflit qui s’enlise. Encore un monde où l’imaginaire se mêle au réel un peu à la manière des paraboles, où comment parler de notre monde en l’illustrant avec des personnages inventés. Les dessins sont d’une très belle qualité, et le scénario est encore une fois une réussite. Merci Mr Dufaux.
Les Gouttes de Dieu, manga autour du vin, qui raconte l’histoire d’un jeune homme dont le père, oenologue mondialement connu, décède en le laissant face à un défi, celui de retrouver 12+1 vins (le dernier étant surnommé “les Gouttes de Dieu”, évidemment), alors qu’il sait que son fils a toujours refusé de boire une seule goutte de vin, et ne lui avait pas parlé les 2 années précédant sa mort. Pour avoir le droit d’hériter, il devra gagner ce défi qui le met en compétition avec un grand sommelier, imbu de sa personne et uniquement désireux de s’approprier cette fortune. Une belle réussite, là aussi, j’ai adoré ce premier tome (et je ne semble pas être la seule), j’attends le second avec impatience (15 sont parus au Japon).
Vous aviez peut-être remarqué le lien vers le blog de Pénélope Bagieu, figurez-vous que j’ai acheté son livre (Ma vie est tout à fait fascinante), et que j’ai donc profité de sa présence sur le salon pour qu’elle le signe d’une petite gribouille, qui s’est révélée être un très joli dessin. Beaucoup de queue, beaucoup d’embouteillages, et beaucoup de mal aux pieds, mais je ne regrette pas mon attente.
Oui, vous avez effectivement remarqué la majorité écrasante de livres “avec dessins” (mais qu’on vienne me dire que ce n’est pas des “vrais” livres, et vous allez comprendre…). C’est pourquoi je vais finir avec un livre qui m’a occupée, et m’occupe encore : Les Enfants de Minuit, de Salman Rushdie. C’est un auteur que j’apprécie énormément, avec un style très particulier qui, si on arrive à le “percer”, à y pénétrer, se révèle d’une splendeur inouïe (”jamais lue” serait plus correct mais… je m’entends).
Les Enfants de Minuit, c’est l’histoire d’un homme dont le destin est lié à celui de l’Inde, qui est né au même moment où ce pays accédait à son indépendance. Je n’ai pas encore fini, loin de là, donc je ne m’avancerai pas plus, mais c’est un magnifique portrait de l’Inde (de la première moitié du XX° siècle, à ce que j’ai pu lire pour le moment). Si le style ne vous effraie pas trop, c’est un ouvrage excellent, que je recommande vivement.
Je recommande aussi les autres livres cités plus haut, que vous ayez le temps ou non d’aller au Salon du Livre pour vous les procurer. De même que je recommande les oeuvres de Jean Dufaux et de Salman Rushdie en général, et de lire des mangas pour s’ouvrir l’esprit, et d’aller sur le blog de Pénélope pour avoir au moins une dose d’humour tous les jours. La consultation est finie, ça fera 21 euros, merci, au revoir.
PS : désolée pour l’image, mais je préfère l’affiche de 2007 à celle de cette année, je la trouve plus “parlante”