L’iDTGV, passé le moment de questionnement intense, où l’on se demande où sont les majuscules, est une idée plutôt sympathique. J’ai testé cette “nouveauté” dont on nous parle depuis si longtemps, et je n’ai pas été déçue. Petit bilan de mon trajet :

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Les points positifs

On peut choisir son espace, “Zen” ou “Zap”, selon qu’on veut se reposer ou au contraire profiter du voyage pour se divertir, discuter, etc. Concrètement, cela veut dire que les parents intelligents iront asseoir leur marmaille en Zap, et que vous, en Zen, serez tranquilles pour la durée du voyage. Mais vous pouvez aussi profiter de location de DVDs, consoles de jeux, etc., à bord du TGV. Moyennant supplément tarifaire, évidemment.

Il y a aussi le “avant”, où vous pouvez aller sur le site dédié, et regarder qui sera à bord de votre TGV, entamer la discussion, faire connaissance, échanger des premiers bons plans, et plus si affinités. Le tout sous couvert de pseudo, ce qui fait que, si vous ne voulez pas être reconnu quand vous serez dans le train, vous pouvez le faire.

Les tarifs sont plus que raisonnables, déterminés selon le principe du “yield management” : plus il y a de demandes, plus il y a des réservations, plus c’est cher. Inversement, moins il y a de monde, plus il y a de places libres, moins c’est cher, car il faut “remplir” le train, pour essayer de rentrer au maximum dans ses frais. Ce principe est la base de la tarification des vols dans les compagnies aériennes low-cost.

Et puis il y a le service.

Le personnel à bord est sympathique, souriant, avenant. Ça change. C’est le cas, dans une certaine mesure, à bord des Thalys, surtout en première, avec des contrôleurs de toute gentillesse. Mais, pour des trajets nationaux, c’était plus ou moins du jamais vu. Les passagers aussi, sont plus souriants. Je pense que c’est l’effet “on m’a dit que l’iDTGV c’est bien, c’est du confort, du service, c’est une manière de voyager bien plus agréable, alors soyons agréables pour en profiter au mieux”.

En fait, avec l’iDTGV, on remet au goût du jour la notion de “plaisir” de voyager. Le train devient un espace agréable, confortable, où on passe un moment fort sympathique. Après tout, ce n’est pas parce qu’on est coincé dans un wagon bondé pendant 4h qu’on est obligé de détester, de s’ennuyer, de n’attendre qu’une chose : que l’on arrive enfin.

Les points négatifs

Faites attention à ne pas imprimer votre billet trop en avance car, du moment où vous le faites, où vous l’enregistrez, avec nom et prénom, et que vous l’imprimez, il n’est plus échangeable, ni remboursable. Du tout. Plusieurs personnes s’y sont déjà fait avoir, alors ne faites pas comme eux, prévoyez. Par contre, vous pourrez toujours changer de “style”, en le demandant au contrôleur, et s’il reste des places (passer de Zap à Zen et vice versa, donc).

Si vous avez un tarif réduit, ou que vous vous y prenez en avance, ce n’est pas la solution la plus avantageuse du point de vue du tarif. Par exemple, j’ai payé 68 euros aller, bien qu’ayant une carte 12-25. Mais quand je vais faire venir une personne sur Paris, dans quelques mois, ça va coûter 88 euros, aller-retour, dans la même classe (avec assurance annulation, au cas où). Sachant que c’est une personne qui n’a aucun tarif préférentiel.

Conclusion

Pour moi, la notion de service compte beaucoup. Quoique, dans le train, ce n’est pas toujours très important : le prix, la durée du trajet, les horaires, le nombre de correspondances, passent devant. Mais c’est un plus pour lequel je suis prête à payer un petit supplément. Je n’ai pas beaucoup profité de tout ce que l’iDTGV avait à offrir d’autres (DVDs, jeux, etc.), donc je considère que j’aurais été tout aussi bien en voyageant “normalement” (en fait, j’ai dormi la moitié du trajet).

Toujours est-il que je considère cela comme une excellente initiative, rien que pour inciter les voyageurs à avoir une autre vision du train, des voyages en train, des voyages tout court. Pour leur faire comprendre que le voisin, sur le siège à côté, est une personne tout à fait charmante, avec qui il sera très agréable et instructif de discuter. Pour leur faire comprendre que ce n’est pas parce que c’est un peu long qu’ils doivent s’ennuyer, détester le trajet, le trouver horrible, et attendre impatiemment l’arrivée. Pour leur faire comprendre, enfin, qu’on peut voyager en y prenant du plaisir, et avec le sourire.

Choses qui, d’après ce que j’ai pu voir jusque là, est bien plus assimilé par nos voisins du nord (Belgique, Pays-Bas, Allemagne) que par nous, pauvres Français râleurs.