Vous avez remarqué, vous, qu’il y a des gens qui sont systématiquement en retard ? Même quand ils savent qu’on ne va pas les attendre (typiquement, un TGV, ça n’attend pas les voyageurs…) ? C’est toujours la même chose : un quart d’heure, une demie-heure de retard. Et pendant ce temps-là, on attend, nous, les gens “toujours en avance”.

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Parce qu’il y a aussi cette catégorie, les gens toujours en avance, qui ne supportent pas d’être en retard et donc qui, pour parer à toute éventualité, prennent une “marge de manœuvre” sur la “marge de manœuvre”, de sorte qu’ils sont parfois très en avance. Et que le retard des “toujours en retard” les exaspère.

On peut toujours prévoir, se dire “lui, il est toujours en retard, donc je vais avoir 10 minutes de retard”. Généralement, ça mène à trois scénarios possibles : soit vous arrivez 10 minutes en retard, il en a 30 de retard, vous attendez quand même, et vous exaspérez encore plus ; soit il est, pour une fois, en avance, et vous engueule, ce qui a le don de… vous faire culpabiliser ; soit vous êtes d’un naturel optimiste à propos des personnes, et vous arrivez quand même en avance, en espérant illusoirement qu’il sera à l’heure cette fois-ci.

Dans tous les cas, la LEM s’applique (la Loi de l’emmerdement Maximal, à laquelle je risque de consacrer un article sous peu). Mais tout ça ne nous dit pas “pourquoi”. C’est une question importante, “pourquoi”, vous ne trouvez pas ? En fait, non, mais c’est bien intéressant malgré tout.

Pourquoi sont-ils en retard ?

Trop de choses à faire ? ou besoin de faire croire qu’on a trop de choses à faire et que si on accorde du temps à cette personne c’est une faveur exceptionnelle ? Besoin de se faire remarquer, à tout prix ?

Simple décalage horaire ? Impossibilité de tenir un planning, de se tenir à une heure ? Fait de toujours oublier quelque chose, ce qui fait revenir sur ses pas et perdre du temps ?

Pire : manque de considération à l’égard des gens qui vont nous attendre, irrespect ? Je-m’en-foutisme à l’égard du reste du monde ? Nombrilisme exagéré ?

Ce qui est sûr, c’est que ça me dérange beaucoup, moi, la “toujours en avance”.

Pourquoi suis-je en avance ?

Parce que je crains de décevoir, de faire attendre, de “peser”. Parce que j’aime profiter de ces minutes d’avance pour regarder autour de moi, tranquillement. Parce que j’ai peur de louper quelque chose, ou qu’on parte sans moi. Parce que j’ai peur que si je suis en retard on ne m’attendra pas, et que je ne pourrai pas “rattraper” ça. Parce que je ne supporterai pas l’impression que je donnerai aux gens si je suis en retard.

Alors, peste ou choléra ? La différence, je dirais, là où tout se joue, c’est d’abord de savoir si vous seriez “capable” d’être en retard, si vous le supporteriez moralement ou si ça vous torturerait des jours durant. Et aussi de voir quel est le temps que vous vous accordez, rien qu’à vous. Soit vous en profitez, au détriment du reste. Soit vous donnez plus de temps aux autres, vous vous “oubliez”, vous vous mettez de côté, entre parenthèses, et… eh bien on va essayer de profiter du temps d’avance, de ce temps d’attente, pour se consacrer du temps, hein !