Ruinart et moi | fév 27th 2008
J’aime bien les champagnes Ruinart. Honte à moi, peut-être, mais je leur trouve une certaine finesse, une certaine élégance, que d’autres champagnes n’ont pas. Jusqu’à ce midi. Je vous l’avoue, ça a été un petit choc pour moi.
Je m’attendais à un bon champagne, un champagne fin, léger, droit. J’ai eu droit à un champagne sec, vert, acide, certes droit et fin, mais plat. Que s’est-il donc passé ? Est-ce un désaveu ? Est-ce juste une bouteille, d’un lot pas terrible ? Est-ce un mauvais moment pour déguster ? Est-ce la saison ? Est-ce que mon palais était stupide ? Etait-il juste trop froid ?

Je ne sais pas trop, et je crois que seules des dégustations futures sauront répondre à ces questions (non, ce n’est pas vraiment une sollicitation). Mais j’ai été très déçue par ce Ruinart. Ce qui pourra surprendre plus d’une personne me connaissant. C’est pourquoi je vais essayer de vous en dire un peu plus sur cette déception, sur ce qu’il se passe actuellement, entre les boissons et moi.
Pour commencer, ces derniers temps, je bois moins. Surtout depuis que je bois mieux. J’ai dégusté bon nombre de vins (j’ai dit “dégusté”, pas “bu”), et il n’est pas impossible que mon palais se soit un peu formé. Je ressens plus, je ressens mieux. Et mes préférences s’affirment. Mon palais est peut-être plus sensible aussi (ce qui expliquerait que jusque là je n’ai jamais ressenti ce côté sec, acide et vert).
Exemple : j’aime les vins blancs. Je préfère les vins blancs. Normalement. Mais là, idéalement, je boirais volontiers un vin rouge, avec une certaine structure, chaleureux, épicé, souple. Alors : question de goût ou de saison ? Fait-il trop froid pour que j’aie envie d’un vin blanc sec, généralement plus frais ?
Conclusion : si l’envie de m’inviter vous prenait, ayez donc à l’esprit ces considérations, en n’oubliant pas que je suis ouverte, et même que j’encourage toute découverte, d’un vin, d’un pays, d’un cépage. Il y a tellement de choses qui se font sur cette planète, que ce serait bien dommage de s’en priver.
La bonne nouvelle, en tout cas, c’est que je ne suis pas encore sectaire niveau prix, je suis prête à tout tenter (sauf le Mouton Cadet, non, vraiment, merci, c’est trop), et vous n’aurez par conséquent pas à sortir le Lafite 1961 pour me faire plaisir. Mais évitez quand même le baron de Lestac. Je sais, ça fait beaucoup d’exceptions, mais vraiment, parce que sinon, quand je vous inviterai, je ne vous ferai jamais goûter un bon vin. Et vous ne voulez pas ça, n’est-ce pas ?