Aujourd’hui, tout va plus vite. Les trains, Internet, les transactions, tout. Même le ski va plus vite. Beaucoup plus vite. Et je ne parle pas de descente. Je pense qu’on a, de ce fait, perdu une grande partie de ce qui fait le charme de cette activité hivernale. On ne prend plus le temps. On veut skier, skier, toujours skier, skier encore plus, rentabiliser le forfait. Et on en oublie de regarder autour de soi.

Bel exemple de cela : les remontées mécaniques. Avec les années, les stations ont changé leurs vieilles remontées contre de nouvelles, plus performantes, plus rapides, avec plus de débit. On perd moins de temps, mais on prend moins son temps aussi. Aujourd’hui, on s’asseoit sur un télésiège, on se repose 2 minutes, et on est arrivé. Déjà ? Oui, déjà. Et on repart illico.

loze.jpg

J’aime bien, moi aussi, quand on évite de perdre trop de temps sur un télésiège où on se gèle, à l’ombre. Mais cet après-midi, en prenant un télésiège plus “lent”, un “ancien”, j’ai redécouvert une facette importante du plaisir des pistes.

Entre Courchevel et Méribel, pour traverser d’une vallée à l’autre, au-dessus de la vallée qui descend vers La Tania, il y a un vieux télésiège, celui du Col de la Loze. Seulement deux places, non débrayable, ou plutôt débrayable-inverse : il vous fauche les jambes quand vous vous asseyez, mais après, quelle lenteur… Mais quelle lenteur !!

Une lenteur d’antan, une lenteur qui permet aussi et surtout d’apprécier le paysage, de profiter du temps, du beau temps, et du temps que l’on a devant soi. On regarde autour de soi, on admire. Toute la vallée qui s’étend sous nos pieds, le Mont-Blanc et les Jorasses qui se profilent au loin. C’est merveilleux. Une pause, toutes ces splendeurs qui s’offrent à nous.

Parce que la montagne, c’est aussi ça, prendre son temps. Regarder, admirer, apprécier, se délecter. Et respirer. Respirer l’air frais et pur. Quel délice…

Si vous passez par les 3 vallées, donc, allez faire un tour par le col de la Loze, sur ce petit télésiège biplace, qui vous ramènera des années en arrière, du temps où la montagne s’offrait à nous, dans toute sa splendeur, où nous prenions ce qu’elle avait à nous offrir, simplement, humblement, respectueusement, sans courir sans cesse après le temps, l’argent, le profit, comme nous le faisons aujourd’hui.

Peut-être qu’alors, en redescendant dans la vallée, vous vous surprendrez à vous souvenir de ces magnifiques paroles de Jean Ferrat :

Pourtant, que la montagne est belle…